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Animes

Chôjû Kishin Dancouga (partie 1/3 : la série TV)

Cet article sera scindé en 3 parties. C’est également le second de la saga « Ces séries que je n’aurais pas vues sans Super Robot Taisen », le premier ayant été dédié à Dancouga Nova.

Vous ne regarderez probablement jamais ni la série Dancouga ni ses suites, sorties de 1985 à 1990, mais au cas où, soyez prévenus : ça va spoiler sévère !

En 1985, cela fait déjà plusieurs années que le phénomène Gundam a déferlé sur l’animation japonaise, créant au passage une distinction :

  • Il y a les « Super Robots », ces machines aux pouvoirs incroyables pilotées par des gamins/adolescents du lycée du coin qui se trouvent avoir pour père un scientifique de génie qui a consacré sa vie à la construction de Mazinger Z / Combattler V / Getter Robo / etc., généralement pour empêcher une invasion de méchants aliens pas beaux. Les véritables héros de la série sont les robots indestructibles et leurs incroyables pouvoirs, confrontés chaque semaine à un nouveau robot méchant pas beau envoyé par les extra-terrestres.
  • Face à ce type de série, on trouve les « Real Robots », comme Gundam (0079) qui dépeignait une terrible guerre entre humains. Les héros y sont des militaires, et les robots qu’ils pilotent, des armes relativement communes.

Dans les années 80, les deux genres sont en plein essor. Après les deux films de Gundam arrivent Macross ou VOTOMS, et des OVA permettent également de découvrir des Super Robots dans des histoires un peu plus développées que dans le schéma bien connu du « monstre de la semaine » (Dangaioh, Zeorymer…).

En 1985 est diffusée à la télévision japonaise la série à laquelle nous nous intéressons ici, Chôjû Kishin Dancouga… Et elle se place à la croisée des genres.

On découvre dans Dancouga la Terre dans un futur proche (ou plutôt ce qui semblait l’être en 1985), attaquée par des aliens. Le héros, Shinobu Fujiwara, est une tête brûlée, militaire en formation, qui assiste impuissant à l’éradication des forces alliées, et à la trahison/désertion de son supérieur, Shapiro Keats, qui manque d’être suivi par sa petite amie Sara Yuki, dont Shinobu parvient à endommager l’avion pour la ramener à la base. Voilà comment se termine le premier épisode. Pas avec l’apparition d’un gros robot ou celle d’un vaisseau surpuissant, mais simplement avec le héros qui se dirige vers une nouvelle base militaire.

Les 4 épisodes suivants servent à la formation d’une nouvelle unité, l’Escadron des bêtes mécaniques de combat (獣戦機隊, Jûsenki-tai, Cyber-Beast Force), arrangée de manière commode pour ne contenir que des connaissances de l’académie de Shinobu : Sara Yuki, la pilote qui voulait partir avec Shapiro dans le premier épisode mais qui est bien décidée à montrer qu’elle veut protéger la Terre ; Masato Shikibu, le jeunot un peu gâté du groupe, fils d’un riche industriel ; et Ryô Shiba, un expert en arts martiaux. Chacun de ces pilotes devient celui d’une machine spéciale… mais malgré cela, toujours pas de gros robot en vue.

Dancouga est ainsi un mix entre plusieurs aspects des Super et Real Robots, promettant dès son générique (qui n’est pas une chanson virile à la gloire du robot mais une douce chanson d’amour) l’apparition d’un énorme robot humanoïde seul capable de repousser les envahisseurs, ayant comme protagonistes une bande de camarades, mais le tout dans un cadre militaire où les ordres doivent être respectés, et dans un monde où les plus grandes villes ont été détruites et où la résistance contre les aliens ressemble plus à une guerilla désespérée qu’à un vrai combat.

Du côté des envahisseurs justement, on ne se trouve pas juste face à une bande d’imbéciles essayant de vaincre à tout prix les héros et leurs robots avec leur nouveau monstre de la semaine : leur objectif est la conquête du monde, et on voit d’ailleurs rapidement qu’ils y sont parvenus au moins en partie, malgré la résistance des héros. Trois généraux principaux commanderont les forces ennemies, permettant de varier les plaisirs : si le premier général, Death Gaia, favorise les attaques par la force (ce qui, j’y reviendrai, n’aide pas beaucoup la série à se diversifier), le général Gil Dorom préfère privilégier les illusions et la guerre psychologique… et le dernier général, Helmut, est encore plus bourrin que Death Gaia.

Ces aliens sont tous rapidement commandés par Shapiro Keats, homme ayant trahi l’humanité, pour son ambition de devenir un jour maître de la galaxie. Shapiro, doublé par Norio Wakamoto, est clairement un personnage atypique : son character design a probablement été pensé pour montrer son manque d’humanité tant il est le seul de la série à avoir des traits aussi… étranges, dirons-nous. Face à ses véhélités de conquête se dresseront les héros de Dancouga, et surtout Sara Yuki, la petite amie qu’il a trahi (avec le reste de l’humanité) pour s’allier avec les extra-terrestres. Leur relation, développée au travers de flashbacks, est… BIZARRE. Dans quasiment TOUS les flashbacks, le romantisme de Shapiro se résume à parler avec Sara de stratégies militaires, des idiots qui ne comprennent pas son génie et de son futur en temps que maître du monde… Difficile de dire si le tout est juste mal écrit, auto-parodique, ou si ces scènes sont présentes pour montrer que Sara était admirative d’un Shapiro bien plus occupé par ses désirs de grandeur que par elle, mais en tout cas elles valent le détour. Shapiro a même le droit à son propre ending, sur une chanson qui déclare qu’il n’y a pas de « trahison » pour un homme ayant des ambitions comme les siennes !

Comme je le disais plus tôt, Dancouga a par moments du mal à se diversifier, et il faut ainsi bien reconnaître qu’une fois passés les 5 premiers épisodes de la série (qui en compte 38) , celle-ci devient redondante, et que naît peu à peu l’ennui. Les épisodes se résument bien trop souvent à voir l’Escadron des bêtes mécaniques de combat recevoir un appel à l’aide d’un groupe de résistants en détresse et partir à leur rescousse pour finir par repousser les forces ennemies d’une ville. Les choses avancent ainsi très progressivement et les robots des héros sont améliorés peu à peu. D’avions et tanks, leurs machines gagnent la capacité de se transformer, prenant la forme d’animaux mécaniques, puis une forme humanoïde. Enfin, après une dizaine d’épisodes supplémentaires, à mi-série, IL se forme enfin pour la première fois, lui qui dépasse les animaux, lui qui dépasse les hommes, lui qui est l’égal d’un Dieu : le DANCOUGA !

À compter de ce moment, le général ennemi change, et la série devient plus palpitante. Un chef d’état européen est enlevé dans l’un des meilleurs épisodes, les héros commencent à questionner leur manière de se battre contre les aliens, un mystérieux allié fait de plus en plus d’apparitions, Sara a l’occasion de faire face à Shapiro lors d’un scène d’anthologie. Dancouga brille véritablement (mais certes un peu tard), la série se terminant au bout de 38 épisodes sur la défaite d’un Shapiro trahi à son tour, et… sur une non-fin ! Les mots « THE END » s’affichent ainsi alors que le Dancouga part pour un voyage qui pourrait être sans retour, pour aller faire face au dernier général et à l’empereur Muge Zorbados…

Ce n’est heureusement pas comme si la série avait été abandonnée. Peu de temps après, l’OVA Dancouga : Ushinawareta Mono-Tachi e no Chinkonka offre une conclusion à la série (immédiatement après un récapitulatif de 3/4 d’heure…), se terminant sans surprises sur la défaite de Muge Zorbados.

Ici se termine la principale histoire de Dancouga, mais deux chapitres doivent encore être écrits…

Note : « Dancouga » est aussi écrit « Dancougar » : j’ai choisi de respecter le nom « DANCOUGA » étant donné que le héros épelle les lettres de ce nom à CHAQUE formation du robot… ce qui n’empêche pas que dans les OVA suivant là série, ils apparaîtront sur une scène sur laquelle est écrit clairement « DANCOUGAR ».

Partie 2 – Les OVA et Dancouga dans Super Robot Taisen, partie 3 : De Dancouga à Nova, un héritage manqué.

Discussion

3 commentaires pour “Chôjû Kishin Dancouga (partie 1/3 : la série TV)”

  1. Dancougar \o/ Sympa comme article.
    J’en garde un bon souvenir, si seulement le Club Do’ n’avait pas arrêté la diffusion de la série au bout de 15 épisodes au moment où ça devenait intéressant… Faudrait que je la regarde en entier, un jour (après avoir maté Full Metal Panic, c’est promis :p).

    Posté par Exelen | 1 mai 2011, 22:08
  2. Ce n’est que maintenant que je vois cet article alors que ça fait des jours que j’ai replongé en plein dans Dancouga. Eh bien d’abord, toutes mes félicitations pour avoir regardé toute la série (j’ai récemment finit de regarder la série en VOST-A), il faut vraiment avoir la volonté pour trouver les épisodes à partir du 9.
    Tout avait commencé par une cassette audio des séries du club Dorothée, en écoutant celle de « Dancougar les cadets de l’espace » j’ai voulu en savoir plus et comme la série n’a jamais été commercialisée en France et diffusée avant ma naissance… (u_u’) enfin bref, j’aime bien aussi cette série, certes elle prend un peu son temps pour se mettre en place mais au moins les personnages sont bien construits et Shapiro… autant physiquement que mentalement, je confirme qu’il est assez bizarre… mais finalement chaque personne est unique. Même si de nos jours cette série semble ne pas avoir beaucoup d’attrait, il ne faut pas hésiter à en parler, elle le mérite !

    Posté par Homura | 1 décembre 2013, 5:00
  3. Le titre de l’OAV de fin de la série TV est plus connu sous le nom d’Ushinawareta Mono-Tachi e no Requiem ou encore Requiem for Victims.

    Pourquoi utiliser ce titre en japonais, ca fait bizarre.

    (spoiler) De plus, ce qui n’est pas dit, c’est que la fin n’est pas sans surprise, au contraire: tous les héros meurent! Enfin, cette OAV ne dure que 30 mn et pas 3/4 d’heure.

    L’avez-vous vraiment vu et quelles sont vos sources?

    Posté par Vincent | 26 avril 2014, 7:33

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