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Compte-rendu de la carte blanche à Sunao Katabuchi

Un article à lire après celui d’Animint qui relate la première partie de cette carte blanche. On innove ici, on fait de la collaboration inter-blogs ! (Bon Pazu n’est pas prévenu mais détail détail)

Au forum des images à Paris ce 9 février 2010, on pouvait retrouver une carte blanche de Sunao Katabuchi, qui a ainsi présenté pendant 2 séances, tout d’abord ses inspirations et influences (cf article d’Animint), puis ensuite ses propres travaux dans une deuxième séance qui s’est étendue de 21h15 à près de 23h45. J’y étais, en compangie d’un monsieur très postmoderne.

Sunao Katabuchi a livré un récit de sa vie professionnelle était à la fois intéressant historiquement parlant, étant lié aux créations du Studio Ghibli et du Studio 4°C, mais aussi pour son histoire personnelle, en découvrant le parcours de cet homme, qui avait dû, pour en arriver à pouvoir réaliser « ses » oeuvres, travailler dur et patiemment pendant bien des années.

Les projections ont commencé avec un épisode de la série Sherlock Holmes (réalisée par Hayao Miyazaki), Le Rubis Bleu, que Katabuchi a réalisé alors qu’il n’était qu’étudiant. Miyazaki, en effet, avait quelques années avant fait appel à un scénariste professionnel pour le film Lupin III Le Chateau de Cagliostro, mais obtenu un résultat peu satisfaisant et avait dû le reprendre entièrement. Pour cette raison, il a par la suite décidé de donner leur chance à de jeunes gens, comme des étudiants… Et c’est de cette manière que Katabuchi est entré dans les productions animées.

L’invité d’honneur de la soirée a ensuite précisé que le travail sur Sherlock Holmes avait été interrompu, Miyazaki et son équipe étant appelés à travailler sur l’adaptation animée de Little Nemo, gros projet de en collaboration avec les Etats-Unis. Ce projet verra l’abandon successif de Miyazaki, puis d’Isao Takahata, puis encore de Yoshifumi Kondô… Qui pu tout de même produire un (superbe) pilote de 3 minutes 30 qui fut donc diffusé (le projet vit encore la création d’autres pilotes, comme celui d’Osamu Dezaki).

Sur ce projet, Katabuchi a travaillé directement avec Takahata (qui avait, dit-il, déjà quasiment prêt le storyboard qui a servi au pilote de Kondô) sur le travail de prise de vue, insistant sur la technique particulière utilisée, avec notamment l’utilisation de pellicules de 70mm. C’est avec ce travail qu’il a pu passer de scénariste à concepteur d’images, a-t-il déclaré.

Katabuchi a ensuite retracé la naissance du studio Ghibli en la liant avec par exemple l’échec du projet Little Nemo, et le rassemblement autour d’Hayao Miyazaki. Il a décrit Ghibli comme une petite structure qui, avant Kiki la petite sorcière, était composé de personnes qui se rassemblaient pour un film puis se dispersaient, et que le studio n’avait vraiment grossi qu’après cet … Et ainsi, la projection suivante était celle de Kiki. Un film particulier pour Sunao Katabuchi, étant donné qu’il devait au départ en assurer la réalisation mais qu’il a finalement cédé sa place à Miyazaki. Il est néanmoins resté assistant et proche collaborateur et a pu mettre en avant sur les extraits visionnés son travail sur les prises de vues.

Katabuchi a alors narré la naissance du Studio 4°C : Après Kiki, l’équipe allait de nouveau se séparer, certains ont proposé de continuer à travailler ensemble… Et ainsi est né le petit Studio 4°C, dans des appartements où on travaillait jusque dans la cuisine. A cette époque, déjà, était lancée pour Katabuchi le projet de « son » long métrage, Arite-hime (Princesse Arête). Cependant, il fallait de l’argent pour que le Studio 4°C puisse avoir les reins assez solide pour produire de tels longs métrages, et Katabuchi a ainsi expliqué comment son projet a connu une période trouble alors qu’il a été appelé à travailler avec Katsuhiro Otomo (Akira) sur Memories (pour le travail de caméras de la partie Canon Fodder).

Racontant ce projet, Katabuchi a rit en racontant que par une ironie du sort, le Studio 4°C avait alors déménagé dans de nouveaux locaux… Ceux qu’il avait auparavant connu avec Ghibli avant qu’ils ne déménagent.

Katabuchi a ensuite été appelé à réaliser sa première série, Lassie chien fidèle, pour lequel il a donc également dû mettre de côté le projet Arite-hime. L’auteur a commenté que les personnes travaillant sur les projets Memories ou Lassie étaient au final « un peu les mêmes personnes », et que les fortes différences de rendu de l’image étaient dûes au temps et au budget alloué.

Enfin, Sunao Katabuchi a pu réaliser le film Arite-hime, terminé en 2000 et sorti en 2001, première production du Studio 4°C à bénéficier d’un traitement numérique. Depuis Little Nemo, pendant 15 ans, a raconté Katabuchi, il s’était heurté à de nombreux problèmes, de nombreux murs, et il était donc heureux de pouvoir enfin produire son propre film.

Des mots de Katabuchi, il a pour ce film remis en doute sa tendance à mettre en scène des personnages naturellement joyeux et enjoués, les jugeant peut-être un peu trop artificiels, pour faire un film dont l’enjeu est la recherche de soi… Enjeu qu’il a placé en parallèlle avec ses difficultés, et au fait qu’au final il n’ait pas pas renoncé à lui-même face aux difficultés.

Katabuchi a ensuite présenté son travail sur les cinématiques du jeu Ace Combat 4, disant qu’il s’était attaché à donner une dimension profondément humaine aux ennemis que le joueur doit abattre, le prenant ainsi à contrepied. Niveau contrepied, Katabuchi a ensuite été servi… Car en 2006, il est chargé de Black Lagoon, l’adaptation du manga hyper-bourrin/violent de Rei Hiroe, bien différent des travaux de Katabuchi… Pour autant, réalisateur sur les deux séries, il a dit s’être efforcé de ne pas avoir une posture de rejet face à la violence de ce manga et avoir voulu tenter de donner tout de même un côté plus humain au pires des tueurs, sans pour autant dénaturer l’oeuvre originale.

Une fois Black Lagoon terminé, Sunao Katabuchi a enfin pu revenir à ses premiers amours, les personnages mignons et enjoués… Qu’il met en avant dans son nouveau long métrage, Mai Mai Shinko (Mai Mai Miracle), en avant-première cette semaine, et dont il a parlé avec entrain sur la fin de la séance avant de se rappeler que le public présent n’avait pas encore vu le film.

Dans les anecdotes narrées, il a noté que le film, recommandé par le ministère de l’éducation nationale japonais en temps que film jeune public et familial, avait au final beaucoup touché les spectateurs adultes, qui pleuraient devant son film. Au final, peu avant son départ du Japon, ont eu lieu des événements rassemblant des personnes ayant aimé le film et voulant réfléchir à comment en faire une meilleure promotion et comment mieux le diffuser…

Pour un réalisateur qui a vu pendant des années ses projets mis entre parenthèses, voir son film aimé de cette manière est sûrement pour lui une belle revanche sur la vie.

Et ainsi s’est terminée, bien tard, la carte blanche de Sunao Katabuchi qui, inébranlable avec le décalage horaire dans les pattes et après avoir bavardé pendant 4h, a bien voulu signer quelques autographes au public de la salle.

Une fort belle carte blanche donc que celle de Sunao Katabuchi, précédent les projections de son film cette semaine et ce week-end, film qui sortira en DVD en août chez Kaze. A tenter !

(Je vous invite aussi à consulter le résumé d’Animint au sujet de la projection du film Yona Yona Penguin de Rintarô en sa présence fin janvier au forum des images également. Genre j’aurais fait ce compte-rendu ici si Pazu n’allait pas si vite ou si j’avais eu quelque chose d’intéressant à ajouter)

Discussion

4 commentaires pour “Compte-rendu de la carte blanche à Sunao Katabuchi”

  1. Mais si, je suis prévenu, entre Sama et tous les liens vers Animint, qui se transforment en commentaires… A défaut de pondre un compte rendu complet sur la projection de Yona avec Rintarô, tu pourrais remonter tes impressions sur la séance et comment cela s’est déroulé de ton point de vue. Cela permet parfois aux organisateurs d’avoir un retour. Quid d’ailleurs de sa présence à Toulouse et Lyon les autres lecteurs?

    Posté par Pazu | 11 février 2010, 9:35
  2. J’ai un billet en écriture sur les questions-réponses du public à Rintarô, faut juste que je me motive à finir de transcrire la chose (ce qui est pas facile vu (ou plutôt écouté) la médiocrité de l’enregistrement de mon portable), ça viendra mais pas forcément ce week-end >_>

    Sinon comme d’habitude lors de ce genre d’exercice le temps à manqué à Katabuchi, ce dernier n’ayant probablement pas pris en compte le temps de traduction quand il a préparé ses interventions. Mais ça s’est mieux déroulée que quand Takahata est venu et que la moitié du programme a été balancé d’un coup à la fin sans introduction.
    Ça été aussi sympa de revoir Ilan Nguyen que j’avais pas vu depuis quelques années. (en plus il a adopté la coupe Miyazaki pour accompagner ses cheveux grisonnants, la classe)

    Posté par Tetho | 11 février 2010, 10:33
  3. rho après avoir fait découvrir l’existence de Shinbo au monde, FFenril fait découvrir Sunao Katabuchi, les gens sont déjà prêt à dire que Mai Mai Miracle c’est génial parce que c’est par le réalisateur de Black Lagoon !

    sinon tu aurais pu faire un truc sur Rintarô, si Tetho le fait, tout le monde rira que c’est un vieux con et ne regardera aucune de ses oeuvres.
    « Metropolis ? Yona ? encore du mecha de merde. »

    Posté par Rukawa | 11 février 2010, 16:31
  4. Tiens c’est déja passé?

    Zut j’avais complètement zappé.

    Posté par NiKi | 11 février 2010, 19:17

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